FILLES DU CALVAIRE

Danse – Théâtre – Chant lyrique

Année de Création: 2014

Création contemporaine inspirée du « Livre noir des violences sexuelles » et travaux sur les conséquences de la mémoire traumatique de Muriel Salmona.

« Et si elle est incapable de s’en souvenir, elle est aussi incapable d’oublier » Sarah Kane

10496926_10205048322821849_5415603615529953830_o Paris. Une station de métro. Du monde, du bruit, du monde…encore du bruit…Des enfants, des hommes, des femmes, puis elles. Elle. Son regard, semblable mais différent. Son attitude, banale mais peut-être pas. Elle est ce que beaucoup trop de personnes sont. Il n’est pas ici question de parler de causes mais de conséquences. Qu’est-ce que les autres, ceux qui sont bien nés, ne voient pas ? Comment vit-on, comment survit-on après un traumatisme ? . . . Résilience.    

Danse, théâtre et chant se mêlent pour évoquer un sujet complexe : les violences faites aux femmes. Cinq femmes, cinq comédiennes formées au corps, interprètent et suggèrent les différents aspects, les diverses étapes d’un traumatisme fort, le viol. Quelle réalité pour les femmes, et même les hommes, victimes de violences sexuelles ? Comment ignorer ce qui arrive à notre fille, une amie, une voisine ? Dans une société qui semble désirer une place plus importante pour la femme, «Filles du calvaire », dans un enchainement de disciplines artistiques, une mise en scène chorégraphiée, n’impose pas mais bouscule et emmène cette idée: et si nous commencions par mieux protéger, par plus informer.

 

Note d’intention
En droit pénal, le viol figure parmi les actes criminels, au même titre que le
meurtre. Sauf que… Moins d’une femme sur cinq porte plainte, cinq femmes sur cinq vivent, ou plutôt survivent avec un viol. Lorsqu’elles s’en souviennent bien entendu. Crises de panique, problèmes de peau, troubles digestifs, boulimie et anorexie, altération du jugement, troubles de la sexualité, tendance à la toxicomanie et à l’alcoolisme… : la liste est longue, les stratégies de survie, incroyables. De brillants spécialistes, comme le Docteur Muriel Salmona, Psychiatre-Psychothérapeute, Présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie ont expliqué et attiré l’attention autour des mécanismes mis en place au quotidien par les personnes ayant subi un traumatisme aussi fort.  Le choc est si violent, que la mémoire se bloque mais le corps lui, se souvient. Il se punit. De quoi ? D’avoir été victime ? Puisqu’il s’agit du corps, j’ai voulu montrer ce qu’il est impossible à dire. Juste pour que cela arrive moins, simplement pour que certains se pensent moins seuls dans ce quotidien, peut-être même aussi, dans l’espoir que quelques-uns puissent aller vers le chemin de la résilience. Je n’ai pas voulu guérir, j’ai cherché à apaiser, à montrer comment quelque chose de simple comme prendre un café, aller au cinéma, ou encore se lever pour travailler, pouvait être une souffrance de chaque jour pour certaines personnes. Parce qu’elles étaient au mauvais endroit au mauvais moment, et qu’il faut simplement, peut-être, un peu mieux les écouter.

Fanny Alfonsi.

 

Auteure, metteuse en scène et chorégraphe : Fanny Alfonsi.

Distributions : Fanny Alfonsi, Sophie Arama, Yaëlle Lucas, Caroline Remise, Fanny Spinetta  / Marie Delaitre, Louise Thomas.

Compositions musicales : Fanny Alfonsi, Louise Thomas.

Composition chœur de voix : Sophie Arama.

Création lumière : François Martineau

Remerciements pour son soutien et sa bienveillance à Maudy Jacomet Piot, Fondatrice de l’association « Femme pour le Dire Femme pour Agir », Chevalier de la Légion d’Honneur, Membre du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes. Ainsi qu’à Muriel Salmona pour ses encouragements.